La première entreprise mondiale, par la capitalisation boursière, n’a pas besoin de se payer un stand au Mondial de l’automobile… Google est omniprésent sur tous les stands des constructeurs automobiles pour amener la connectivité à Internet des voitures par le smartphone… Et ce n’est qu’un début !

Le smartphone connecte l’automobile à Internet

Il y a déjà deux ans, mon ouvrage « Stop Google » paraissait aux Editions Pearson, à la veille du Mondial de l’automobile de Paris. J’annonçais alors la conquête des voitures par Google, pour assouvir sa soif perpétuelle de données personnelles, à la base de sa richesse. Quelques sceptiques me pensaient pessimiste ou imaginaient les consommateurs payer une carte SIM spécifique, pour obtenir des services Internet dans leur habitacle… Seulement, les consommateurs ont déjà payé un objet qui leur permet de se connecter au Web, partout où ils se trouvent, le smartphone ! Selon le cabinet d’analyses GiPA, en France, au premier trimestre 2016, 70% des conducteurs possèdent un smartphone. Lorsqu’ils sont en voiture, 67% de ces conducteurs utilisent leur téléphone intelligent pour la navigation… La voiture est donc connectée à Internet grâce au smartphone ! Deux ans après la publication du livre, la conquête de l’automobile par Google devient une réalité implacable. Le géant américain a développé une solution, Android auto, qui permet de projeter sur l’écran de la console centrale de la voiture les applications du smartphone. Pratiquement toutes les marques automobiles présentent des véhicules utilisant Android auto, au Mondial de Paris. Les applications de Google, Google Maps ou Waze, qui a annoncé un partenariat avec Renault, sont les stars des démonstrations aux consommateurs. Ses applications de navigation viennent directement concurrencer le leader mondial de la cartographie automobile, avec 80% de parts de marché, Here, entreprise rachetée par le consortium allemand Audi, BMW et Daimler, et TomTom.

Les nouveautés des Mondiaux de l’automobile 2018 & 2020

Google va transformer Google Maps en plateforme de collecte des données de multiples sources : smartphones, voitures et villes. En 2018, Google présentera de nouveaux partenariats avec des constructeurs automobiles pour collecter les données des différents capteurs de la voiture, en temps réel. Avec un traitement des données dans son cloud et avec ses algorithmes, Google contextualisera les données et les distribuera aux utilisateurs de Google Maps, sur smartphone ou sur l’écran de la voiture. Google Maps offrira alors une représentation dynamique de l’environnement routier, améliorant l’expérience de conduite. Par exemple, le capteur de luminosité fait allumer les feux de la voiture, fin octobre à 19 heures, il commence à faire nuit… Les balais essuie-glaces des voitures entre l’A13 et l’14, à l’ouest de Paris, s’activent à forte puissance, il pleut des cordes ! Sur la N118, tous les ESP des voitures se déclenchent sur la voie de gauche au kilomètre 12, il y a certainement un nid de poule… Toutes ces informations ont de la valeur pour les usagers et administrations des villes et même les forces d’intervention.

En 2020, au Mondial de Paris, Google s’affichera avec certains constructeurs pour présenter des voitures sans chauffeur, opérées grâce à l’intelligence artificielle de Google et de sa filiale Deepmind, qui a terrassé le meilleur joueur de Go au début de l’année… Bien sûr, Google Maps sera la plateforme cartographique utilisée et recevra les informations des capteurs des voitures. Les caméras et lasers permettront de reconstituer l’environnement autour des voitures et Google utilisera ces données pour son unique profit : quelles sont les places de parkings libres sur la chaussée ? Quelle est la fréquentation de tel magasin ?

Finalement, la « matrice » Google aura ainsi infecté des millions de voitures avec différentes fonctions, des applications, sa plateforme Google Maps à la voiture sans chauffeur. Elle se nourrira de l’industrie automobile pour développer sa prééminence dans la vie quotidienne des individus.