Les constructeurs automobiles ont accepté d’utiliser les solutions d’Apple et de Google pour connecter les voitures à Internet grâce aux smartphones des conducteurs. Seulement, le prix à payer est l’accès aux données des voitures par Apple & Google…cq5dam-web-1024-768

En 2014, dans mon ouvrage « Stop Google », publié par Pearson, j’avais expliqué que la connectivité à Internet des voitures s’établira par les smartphones, plutôt que par des cartes SIM dédiées. Selon le cabinet d’études GiPA, 70% des conducteurs français possédaient un smartphone, au premier trimestre 2016. C’est 10% de plus que la moyenne nationale… Et 67% des conducteurs déclaraient utiliser régulièrement une application de navigation  de leur smartphone. Ce sont bien les conducteurs qui amènent la connectivité à Internet dans la voiture, avec leurs appareils nomades. Il fallait faire le lien entre la voiture et le smartphone. Google a lancé son « Open Automotive Alliance », début 2014, pour faire la promotion de sa solution « Android Auto ». Ce logiciel est proposé aux constructeurs qui l’intègrent dans leur écran multimédia. Dès lors, des applications du smartphone sont disponibles directement sur l’écran de la voiture… Plus besoin de coller une ventouse sur le parebrise pour consulter la navigation de son smartphone ! Apple a répliquait à Google avec sa solution Carplay.

Seulement, comme le titre du chapitre III de mon livre l’indique, « si c’est gratuit, c’est vous le produit » ! Google tenait là un moyen d’échange de données de la voiture contre l’utilisation de sa solution « Android Auto ». Google est la première entreprise au monde dans la monétisation des données personnelles des individus… Par conséquent, l’accès aux données des conducteurs et des voitures ne peut que recéler des trésors que Google veut exploiter…

Alors, après avoir convolés en juste noces, les constructeurs automobiles ont peut-être découvert que Google était très gourmand en données…

 

Dans le chapitre X de mon ouvrage, intitulé « Google, une disruption pour les constructeurs automobiles »,  j’écrivais déjà que « l’industrie automobile a tout intérêt à créer sa plateforme alternative à Google, pour gérer directement sa relation avec les conducteurs. (…) Pour diminuer les coûts et devenir attractifs aux yeux des développeurs, ils devraient s’unir pour créer une plateforme commune de connectivité et navigation ». Aujourd’hui, Ford et Toyota ont annoncé la création du SmartDeviceLink Consortium. Cet organisme à but non lucratif développe un logiciel open source d’interface entre les applications Android et iOS et leurs écrans multimédia. Mazda Motor, le Groupe PSA, Subaru et Suzuki Motor sont les premiers constructeurs à rejoindre le consortium. A n’en pas douter, d’autres acteurs automobiles suivront.

 

La révolution digitale rebat les cartes. Les constructeurs étaient habitués à travailler seul ou à collaborer sur des éléments mécaniques, comme les moteurs et les boîtes de vitesse. Pour la première fois, une alliance se noue entre eux, sur les services, pour faire face aux géants Apple et Google, tout en utilisant la puissance du smartphone. Certainement, cette approche servira d’exemple à d’autres industries.